Cet été, nous avons fait la connaissance de Rhiannon, une paysanne-fleuriste qui a fait le choix de produire et vendre ses fleurs locales cultivées sans pesticide ni engrais. En effet, plus de 80% des fleurs qui sont actuellement vendues en France proviennent de l’étranger. Elles viennent majoritairement des Pays-Bas où elles poussent dans des serres chauffées et de pays lointains du bout du monde (Kenya, Éthiopie, Équateur…). En plus de l’impact carbone désastreux, les fleurs figurent parmi les productions les plus polluantes au monde car elles sont gorgées de produits phytosanitaires (les herbicides, les fongicides, les insecticides…). C’est en faisant ce constat que Rhiannon a décidé de proposer une autre alternative. Avec La Tige Locale, elle produit des fleurs dans le respect du vivant et les vend ensuite sans emballage.

Faire le choix des fleurs locales respectueuses de l’environnement

Originaire de Cardiff,  la plus grande ville du Pays de Galles, Rhiannon a grandi dans un milieu urbain. Pourtant, la jeune femme s’est très tôt intéressée aux plantes. En venant vivre en Mayenne avec son mari Alexandre, elle a décidé de réaliser son rêve en devenant fleuriste. C’est en se rendant compte de l’impact environnemental catastrophique de la production des fleurs qu’elle a décidé de proposer une autre alternative en cultivant ses propres fleurs locales dans le respect de l’environnement.

En effet, Rhiannon explique qu’actuellement :

« En France, 80% des fleurs vendues sont importées, cultivées aux Pays-Bas dans des serres chauffées ou bien à l’autre bout du monde sur des terres qui auraient autrement été utilisées à nourrir les populations locales. De plus, le climat local n’est pas idéal pour les variétés cultivées, ce qui implique un usage important de produits phytosanitaires et une forte irrigation dans des zones qui manquent déjà d’eau. »

Tout comme les fruits et légumes, la production de fleurs a un impact environnemental catastrophique. En plus de l’empreinte carbone liée à la production et au transport, ces fleurs sont gorgées de produits phytosanitaires. Les herbicides, les fongicides, les insecticides… polluent les sols et l’intérieur de nos maisons.

Rhiannon et Alexandre cultivaient déjà leurs légumes dans leur jardin. L’idée de produire leurs propres fleurs a donc germé. Rhiannon est aujourd’hui une paysanne-fleuriste engagée dans une démarche zéro déchet.

fleurs locales

Une démarche Zéro déchet de la production à la vente

Rhiannon a ouvert son entreprise en 2012 avec cette envie de proposer une autre alternative avec des fleurs locales, de saison, cultivée dans le respect de l’environnement. Avec La Tige Locale, Elle ne veut pas seulement limiter son impact négatif sur l’environnement, elle veut transformer cet impact en quelque chose de positif.

Rhiannon réalise ses propres semis sans tourbe. En effet, même si elle est très appréciée des jardiniers, la tourbe est le résultat de la décomposition de végétaux pendant plusieurs milliers d’années. C’est donc une ressource limitée non renouvelable qui doit être protégée. De même, la jeune femme a décidé de n’utiliser aucun herbicide, fongicide ou insecticide, ni d’engrais autre que les engrais naturels qui sont déjà présents sur leur terrain (ortie, consoude, etc.). Les serres ne sont pas chauffées, les fleurs sont cultivées en plein champs en fonction des saisons. L’eau de pluie est récupérée pour l’arrosage et la terre n’est pas travaillée de manière à sauvegarder toute la vie sur leur terrain.


Pour la conception et la vente des bouquets, Rhiannon a également choisi d’être Zéro déchet. Les fleurs sont vendues localement pour limiter l’empreinte carbone. Elles ne prennent pas l’avion et ne voyagent pas en camion frigorifique, ne sont pas aspergées de produits chimiques pour être conservées. Rhiannon les cueille la veille ou le jour même de la vente. En plus des commandes spéciales pour les mariages, anniversaires… elle livre ses fleurs dans un rayon limité et les vend sur les marchés de Fougères et de Rennes.

Pour les emballages, la jeune femme a également fait le choix de ne pas en mettre. Elle noue simplement les bouquets avec de la ficelle naturelle. Pour ceux qui le souhaitent, elle peut aussi les enrouler d’un papier kraft, réutilisable et compostable.

fleurs locales bretagne

Rhiannon cultive ainsi 150 variétés de fleurs différentes toute l’année. Tout comme les fruits et légumes, les fleurs ont une saisonnalité. Ainsi, tout comme les tomates en hiver, on ne devrait pas trouver des roses à la Saint-Valentin.

Grande amoureuse des plantes et des fleurs, Rhiannon souhaite que ses bouquets soient accessibles à tous. Elle a donc fait le choix de les vendre à prix adorable. Elle vend ainsi ses fleurs locales en fonction de la taille du bouquet. Les prix vont ainsi de 4€ à 40€ pour les énormes bouquets.

Une alternative positive qui mérite d’être partagée.


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