Une vidéo sur les réseaux sociaux. Un tuto de fleur en fil chenille. Et bam, toute une vie qui bascule.
Marion vit en camion depuis janvier 2025. Fleuriste nomade et auteure, elle a quitté son métier d’éducatrice spécialisée après un burnout. Plus de 10 ans sur les routes déjà. De la Twingo au camion en passant par la Peugeot 3008.
Aujourd’hui, elle crée des fleurs, écrit des carnets de voyage et parcourt la France avec Poopy, son chat. Voici son histoire.
Comment une vidéo a tout changé : devenir fleuriste nomade

En février dernier, Marion tombe par hasard sur une vidéo. Un simple tuto pour faire une fleur en fil chenille. Vous savez, ces fils qu’on utilisait tous à l’école ? Ces trucs colorés qu’on tordait dans tous les sens au centre aéré ?
Elle teste. Et là, c’est la révélation. Immédiate, puissante, évidente.
Je me suis dit OK, c’est ça que je veux dans ma vie. C’est maintenant ça que je vais faire à temps plein dans mon camion.
Son rêve ? Parcourir les routes pour distribuer des fleurs à gogo. Rien que ça. C’est ambitieux, c’est beau, c’est Marion.
L’écriture comme première reconversion
Mais avant les fleurs en fil chenille, il y avait déjà les mots. Marion écrit depuis 4 ans. Elle a publié son premier livre de manière amateur. Puis elle a décidé d’en faire un vrai métier.
Pendant 2 ans, elle développe son activité d’auteure. Elle écrit d’abord des biographies. Puis elle a une idée géniale. Pourquoi ne pas allier sa passion de la route et de l’écriture ?
Elle crée alors des carnets de voyage. Des carnets de road trip. Des objets qui racontent les routes qu’elle parcourt. C’est créatif, c’est nomade, c’est cohérent.
Deux activités qui financent la liberté
Aujourd’hui, Marion jongle entre deux métiers. Fleuriste nomade et auteure.
Pas de CDI. Pas de bureau fixe. Juste de la création, de l’écriture et des kilomètres. C’est la définition même de l’artisan nomade moderne.
Les fleurs se vendent sur les marchés. Les carnets trouvent leur public. Et Marion construit sa vie, fil chenille après fil chenille. Mot après mot.
Comme Quentin, compositeur nomade, elle prouve qu’on peut exercer un métier créatif depuis la route.
Éducatrice spécialisée à Marseille : quand le burnout libère un rêve d’enfant

Il y a 2 ans et demi, Marion avait une vie « normale ». Vous voyez le tableau ? Un appartement à Marseille. Un métier stable d’éducatrice spécialisée. Un quotidien bien rangé.
Et puis, paf. Le burnout frappe. Violent, dévastateur, irréversible.
Marion arrête son métier.
Il m’a fallu deux bonnes années pour guérir le burnout, passer à autre chose et pouvoir rebondir
Deux années à se reconstruire. À respirer. À rêver différemment.
Un rêve d’enfance qui refait surface
Mais voilà le truc incroyable. Ce burnout, aussi terrible soit-il, va libérer quelque chose. Un rêve enfoui depuis l’âge de 6 ans.
Marion rêvait de vivre sur les routes depuis toute petite.
« J’ai dû voir ça quelque part un jour et c’est resté ancré »
Aucun modèle dans son entourage. Personne avec un véhicule aménagé. Juste cette image qui ne l’a jamais quittée. C’est fou, non ?
Se réinventer quand on n’a plus de plan B
Le problème ? Après le burnout, Marion n’a plus de métier. Ses seules qualifications officielles ? L’éducation spécialisée. Un domaine qu’elle ne veut plus exercer.
Elle doit donc se réinventer. Complètement. Elle fait le tour de ses passions. De ses compétences. Elle creuse, cherche, tâtonne.
La route devient son espace de reconstruction. Pendant ces 3 dernières années, Marion a vécu plus de temps sur les routes qu’en appartement. La transition se fait en douceur. Presque naturellement.
L’alignement enfin trouvé
Aujourd’hui, Marion peut enfin le dire.
Je me retrouve alignée dans qui je suis et je peux enfin exprimer à 100 % qui je suis.
Le burnout, aussi douloureux soit-il, l’a poussée vers sa vérité. Vers ce rêve de petite fille qui attendait patiemment. Parfois, il faut tout perdre pour enfin se trouver. C’est une belle leçon de vie, vous ne trouvez pas ?
De la Twingo au camion : 10 ans de nomadisme et un atelier mobile

Un parcours nomade progressif
Marion n’a pas sauté du canapé au camion du jour au lendemain. Oh non. Son histoire nomade a commencé il y a plus de 10 ans. En Twingo aménagée d’abord. Vous imaginez ? Une petite Twingo transformée en maison roulante.
Puis elle est passée à une Peugeot 3008. Plus d’espace, plus de confort. Et enfin, il y a 1 an et demi, elle achète son camion. Le grand saut.
Vous aussi, choisissez le véhicule adapté pour voyager.
Mais attention. Elle ne vit officiellement dans le camion que depuis janvier 2025. Pourquoi ? Parce qu’avant, elle avait encore son appartement à Marseille.
Sauf que voilà l’anecdote croustillante. Quand Marion rend les clés de son appartement, elle réalise quelque chose.
Je n’ai absolument pas réalisé ce qui se passait puisque je n’avais plus dormi dans l’appartement depuis presque un an.
Son appartement était juste un lieu de stockage. Sa vraie maison ? C’était déjà la route.
« Je n’ai pas vraiment vu d’avant ni d’après », confie-t-elle. La transition était déjà faite dans sa tête. Et dans son cœur.
L’organisation d’un atelier mobile
Maintenant, parlons concret. Comment on crée des fleurs en fil chenille depuis un camion ? C’est toute une organisation, croyez-moi.
La moitié du camion de Marion est consacrée à son activité professionnelle. Oui, la moitié ! Son stock de fleurs déjà créées ? Il sert de déco. Tout un pan de mur. Malin, non ?
Voici comment Marion organise son espace :
- La soute : immense (1,80 m sur 1,50 m) sous son lit haut
- Moitié soute : stocks de livres et carnets de voyage
- Autre moitié soute : stocks de fleurs et stand de marché complet
- À l’intérieur : 9 boîtes contenant tous ses fils chenille
Marion appelle ça un « Tetris permanent ». Tout s’emboîte, se superpose, se range. Mais quand il faut travailler ? « C’est du grand déballage », avoue-t-elle.
Pour une seule fleur ? Une boîte suffit. Pour une grande composition ? On sort tout, on étale, on y va.
Un rythme de travail nocturne
Marion ne travaille pas comme tout le monde. Elle se couche très tard. Normal, son processus créatif explose la nuit.
Tout ce qui est création se passe entre 18h et 3h du matin. L’écriture aussi. C’est dans le silence nocturne que Marion crée ses fleurs et écrit ses histoires.
La journée ? C’est pour le reste, la gestion du quotidien.
Vendre ses créations sur les routes


Comment Marion vend-elle ses fleurs en fil chenille ? Elle a développé plusieurs canaux.
Les canaux de vente de Marion :
- Marchés de créateurs
- Marchés de producteurs
- Marchés spécialisés vanlife
- Marchés de loisirs créatifs
- Commandes en ligne via son Instagram
- Sur son site internet
Elle travaille aussi sur des événements. Décorations d’anniversaire, de mariages, baptêmes. Tout est possible.
Et puis il y a les partenariats. Avec des aménageurs de vans. Des loueurs. Des boutiques d’objets vanlife. Ils achètent ses carnets de voyage en stock. Puis les revendent. C’est du gagnant-gagnant.
Une nouvelle aventure : les ateliers créatifs
Cet hiver, Marion lance quelque chose de nouveau. Des ateliers créatifs. Des après-midis goûter autour d’un chocolat chaud. Pour apprendre à faire des fleurs en fil chenille ensemble.
Elle reste dans le Var pour ça. Elle a trouvé un partenariat avec un coffee shop. Eux lui prêtent leurs locaux. En échange ? Les participants paient leurs consommations. Malin, encore une fois.
C’est ça, l’artisan nomade moderne. Créer, vendre, transmettre. S’adapter, innover, rebondir. Marion incarne parfaitement cette nouvelle façon de travailler en voyageant.
1200€ par mois pour une vie nomade confortable et minimaliste
Parlons cash. Marion vit avec 1200 € par mois. Son budget pour vivre en camion « très confortablement ».
Sa définition du confort ? « Ne pas me poser de questions pour un resto deux ou trois fois par mois. Ou pour acheter du poisson, de la viande. »
Pouvoir se faire plaisir sans culpabiliser. Ces 1200 € incluent le crédit du camion. C’est le budget mensuel d’une fleuriste nomade qui bouge beaucoup.
Le gasoil : le vrai loyer du nomade
Le plus gros poste de dépenses ? L’essence. 400 € par mois. Colossal.
Pourquoi ? Marion a fait 40 000 kilomètres en un an. « C’est mon loyer », explique-t-elle. « Mais ça me permet d’aller partout où je veux. »
S’ajoutent les assurances, abonnements et le budget nourriture. Car vivre sur la route, c’est beaucoup de socialisation. D’apéros. De rassemblements.
L’hiver, Marion ralentit. Moins de kilomètres, moins de sorties, moins de dépenses.
« On devient riche l’hiver et pauvre l’été. » C’est le moment de mettre de côté.
Un minimalisme assumé
Marion vit sans frigo, sans douche fixe, sans électricité stable (batterie nomade). Son seul confort ? Le chauffage déjà présent à l’achat.
Ça fait 10 ans qu’elle voyage sans frigo. Comment ? Courses plus fréquentes l’été. Aliments frais mangés immédiatement. Conservation sous les sièges. Plus de fruits et légumes.
« On s’y fait », dit-elle simplement. Le minimalisme, ce n’est pas une privation. C’est un choix conscient. Une liberté financière. Et mentale. Moins de choses à gérer. Plus de temps pour créer.
Vivre en camion en solo avec un chat : sécurité, adaptation et présence


Une femme seule sur les routes
Quand Marion annonce à sa famille qu’elle part vivre en camion seule, les réactions sont prévisibles. Inquiétude pour sa sécurité. Questions anxieuses. Aujourd’hui ? Ils la soutiennent et sont même fiers d’elle.
Marion a fait le choix de partir seule, mais d’autres nomades comme Charline et Mathieu ont choisi de vivre cette aventure à deux. Seul ou en couple, l’important est de s’écouter.
Marion pensait avoir peur. Son camion n’a aucune ouverture sur l’extérieur. Juste un lanterneau au plafond. Pour quelqu’un qui vient de la voiture avec ses vitres partout, c’est perturbant.
Mais devinez quoi ? C’est exactement l’inverse qui s’est produit.
« Je ne me suis jamais sentie autant en sécurité dans mon camion », confie Marion.
Une fois que je ferme la porte, je suis dans ma maison. Et on n’a pas peur quand on est dans une maison.
En voiture, elle est restée aux aguets pendant 2 ans. Le camion ? C’est devenu son cocon protecteur.
Marion ne cache rien. En tant que femme seule, elle a connu des petites péripéties. « Ça, on n’y coupe pas. » Sa devise est simple : « Si tu as un doute, il n’y a pas de doute, tu pars. »
Pour les femmes qui hésitent à se lancer, Marion encourage à oser. Garder son système de peur comme une alarme qui prévient, sans se laisser happer. S’entourer, intégrer des réseaux de femmes voyageuses, partager la route au début si besoin.
Et surtout ? « Ne pas s’inventer des barrières invisibles qui n’existent pas en fait. »
Découvrez aussi l’expérience de Jennifer qui vit et travaille seule sur la route.
Poopy, le chat d’appartement devenu nomade

Parlons maintenant de Poopy, 11 ans, qui a toujours vécu en appartement. Il n’avait jamais connu la nature. Même pas l’herbe sous ses pattes.
Au début, Marion partait sans lui. Jusqu’à ce qu’il fasse une grosse dépression après plus d’un mois et demi d’absence. Il se laissait mourir. Marion le prend alors avec elle, prête à rentrer si ça ne fonctionne pas.
Le verdict ? Poopy s’est adapté en une semaine seulement.
Aujourd’hui, il vit à 100% en laisse. Au début, il était plaqué au sol, prostré, vibrant de peur. Maintenant ? « C’est lui qui réclame la laisse. » Le matin, il gratte à la porte et attend sa sortie. Il se comporte comme un chien avec ses balades quotidiennes.
La plus grosse contrainte ? La litière dans le camion, à l’avant pour limiter les odeurs. Poopy n’a jamais pris le pli de faire ses besoins dehors. Et il a même pris l’habitude de se soulager au moment où Marion démarre le camion. « C’est un peu chiant mais bon, on s’adapte », lâche-t-elle en riant.
Marion doit aussi penser à lui pour choisir ses spots. Besoin d’ombre l’été, chauffage l’hiver, éviter les bords de route. Un chat en camion, ça intrigue et ça appelle les regards. Mais ça engage aussi facilement la conversation. Moins discret avec Poopy collé aux vitres, mais c’est un vecteur de socialisation.
C’est ça aussi, la vie nomade. S’adapter. Toujours.
La vérité sur la vie nomade en France : spots et liberté



« C’est la galère de vivre en camion en France. On peut plus se poser nulle part. » Vous avez déjà entendu ça ? Marion aussi a son avis.
Oui, c’est galère… si vous suivez les chemins touristiques. La Côte d’Azur en août ? Les Landes en juillet ? Évidemment, il va y avoir du monde. Mais Marion pose une remarque simple : « En même temps, quand on est en voiture, c’est pareil. »
Quand on vit en camion à plein temps, on échappe aux contraintes saisonnières.
« On est libre de prendre des chemins détournés du tourisme de masse. Et bien sûr qu’on peut tout trouver. »
Marion fait une distinction importante. En vadrouille occasionnelle, on cherche le spot parfait. Mais quand on vit dedans ? On est OK pour dormir sur les parkings de supermarché. Parce qu’il n’y a que ça à ce moment-là.
Elle a une fuite dans son camion depuis un an. Ce soir, elle dort sous des panneaux solaires, sur un parking en béton. « C’est moche, c’est nul. Mais quand tu fermes la porte de ta maison, tu es dans ta maison. »
Peu importe l’extérieur. À l’intérieur, c’est chez vous.
S’écouter et se tester : les conseils sincères de Marion
Vous rêvez de tout quitter ? Marion a des mots sincères pour vous.
Cette vie lui a appris à vraiment s’écouter. À se recentrer sur ses besoins primaires. À trouver un alignement entre qui elle est et ce qu’elle fait.
Arrêter de se mentir. Arrêter de négocier avec les éléments négatifs du quotidien.
Sa phrase résume tout : « Vivre pour ces moments-là et plus chercher ces moments-là pour s’échapper d’un quotidien pesant. » La différence entre fuir et choisir.
Mais Marion ne vend pas de rêve. C’est pas évident tous les jours. Il y a énormément de contraintes. C’est pas donné à tout le monde. Le piège ? « On se fait une idée très édulcorée et très loin de la réalité de ce mode de vie. »
Son conseil numéro un ? Se tester d’abord. Louer un véhicule. Un weekend, une semaine, un mois. Pour repérer vos vrais besoins. Douche fixe ? Frigo ? Toilettes ? Surface sobre ou colorée ? Chacun a ses propres besoins.
Et surtout, cette phrase à graver :
N’allez pas chercher l’herbe plus verte ailleurs parce qu’elle n’y est pas. Ça c’est faux.
La vie nomade n’est pas LA solution magique. C’est juste un mode de vie. Avec avantages et contraintes. « Faites ce choix si vous voulez vous écouter, mais dans la vérité. »
Et vous, prêts à vous écouter ?
Les plans de Marion pour l’avenir ? « Je n’en ai pas la moindre idée, sincèrement. »
Une seule certitude : elle aura toujours un véhicule aménagé. Voiture, camion, bus, peu importe. Un moyen de se déplacer avec sa maison. Rester nomade toute sa vie ? « Aucune idée. » Elle reste ouverte à tout, même retourner en appartement.
« Tout est possible », conclut Marion.
Du burnout d’éducatrice spécialisée à fleuriste nomade. De l’appartement marseillais au camion avec Poopy. Marion prouve qu’on peut vivre de ses créations avec 1200 € par mois. Qu’être une femme seule sur les routes, c’est possible avec vigilance, mais sans peur paralysante.
Sa double activité d’artisane nomade montre qu’on peut réinventer son métier. Même après un burnout. Même sans qualifications. Juste avec de la passion et du travail.
Marion ne cherche pas le spot Instagram parfait. Elle accepte le parking du supermarché. La réalité quotidienne. La vie telle qu’elle est. Et c’est ça, finalement, la vraie liberté.
Alors, êtes-vous prêts à vous écouter ? Dans la vérité, sans vous mentir. En testant avant de plonger. En acceptant les contraintes. Mais aussi en osant. En ne s’inventant pas de barrières invisibles.
Parce que comme le dit Marion : « Tout est possible. »
Et ça, c’est plutôt encourageant, non ?
Retrouvez Marion et ses créations :
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