Avant de vivre en yourte, Laura et Benoît habitaient dans un appartement et menaient une vie classique rythmée par le travail, les enfants, les courses au super-marché et les charges à payer. Mais le couple ne se sentait pas à sa place dans ce modèle qui, à leurs yeux, manquait de sens. Ils ont alors décidé d’autoconstruire une yourte pour vivre une vie où l’échange, la solidarité et la nature sont au centre.

yourte mezzanine
@Laura Jauvert

Autoconstruire une yourte : faire le choix de vivre différemment

Plus jeunes, Laura et Benoît ont beaucoup voyagé. Ils avaient déjà conscience qu’il était possible de vivre dans des habitats plus simples, plus rustiques, plus proches de la nature. Mais une fois en France, ils se sont laissés emporter par le modèle conventionnel « métro-boulot-dodo ». Laura passait le barreau et son conjoint avait une boite informatique.

Finalement, après la naissance de leur fils aîné, leur envie de vivre différemment est revenue. Leur fils est né sourd, donc différent. Ils voulaient donc lui faire comprendre que la différence était une richesse. Laura et Benoît se sont lancés dans l’autoconstruction d’une yourte de 63m2 avec une mezzanine de 20m2 pour renouer avec leur volonté profonde de tendre vers l’autonomie énergétique et l’autosuffisance alimentaire.

Les différentes étapes de l’autoconstruction de leur yourte

Laura et Benoît n’ont pas hésité longtemps à autoconstruire leur propre yourte. Ils avaient aménagé un camion pour voyager en jusqu’en Inde par la route il y a 10 ans mais peu avant le départ, ils ont appris que leur fils était sourd. Ils ont donc décidé de vivre de manière sédentaire dans leur camion aménagé durant 3 ans et, pour avoir plus d’espace de vie, ils avaient installé une petite yourte traditionnelle mongole. Après ces 3 années à vivre autrement, ils ont déménagé en appartement avant de revenir à la yourte.

Ils n’ont donc pas eu peur de se lancer dans l’autoconstruction.

autoconstruire une yourte
@Laura Jauvert

Le couple a participé à une formation de 12 jours proposée par Yourtétoile, une entreprise spécialisée dans l’autoconstruction de yourtes dans le Gers. Laura nous explique qu’ils ont choisi Yourtéoile parce que, comme le dit leur slogan « une yourte pour tous », Yourtétoile est une entreprise éthique, solide et dans la solidarité. Avec 3 autres binômes, ils ont eu accès à un hangar avec tout le bois brut et toutes les machines nécessaires. Encadrés par l’équipe présente pour superviser, ils ont pu apprendre à construire leur propre yourte en kit.

Après avoir autoconstruit leur habitat alternatif, le couple s’est installé sur leur terrain et, aidés d’amis, ils ont construit leur yourte et le plancher avec les plans donnés par Yourtétoile. Avec 2 membres de l’équipe de yourtétoile et 12 copains, ils ont mis un jour pour monter la structure et un autre jour pour les toiles ! Les travaux ont débuté en juillet et la yourte était prête pour la rentrée de septembre.

autoconstruire une yourte
@Laura Jauvert
autoconstruction yourte

Combien coûte l’autoconstruction d’une yourte ?

L’avantage de la yourte est le prix. En effet, c’est un habitat alternatif qui ne coûte pas très cher, surtout lorsqu’on se lance dans l’autoconstruction.

En comptant le stage de l’autoconstruction ainsi que tous les éléments de la yourte (plancher, mezzanine, fenêtres, le poêle Hoben, les panneaux solaires, le chauffe eau solaire ainsi que le futur bassin de phyto-épuration pour les eaux grises), Laura et Benoît ont payé 40 000 €.

Leur fait yourte de 85m2 et ils ont tout le confort nécessaire : eau, électricité fournie exclusivement par des panneaux solaires, une cuisine équipée, une machine à laver, un poêle à granulés…

intérieur yourte moderne
@Laura Jauvert

Vivre en yourte en famille : bilan d’une vie alternative

La famille a rapidement trouvé ses marques et sont heureux dans leur habitat alternatif. Les enfants adorent leur yourte et leur entourage est souvent surpris de l’espace de vie et du confort qu’ils ont.

Malgré tous les avantage de la vie en yourte, le choix de l’emplacement n’a pas été facile car le couple a fait les démarches auprès de 5 mairies différentes sans succès. Face aux nombreux refus, Laura et Benoît ont finalement décidé de s’installer sans autorisation sur un terrain. Malheureusement, même si la loi autorise les mairies à créer des zones dites STECAL (pastilles) qui autorisent les habitats léger à s’installer, très peu de mairies acceptent l’installation des habitats alternatifs.

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