Le terme Greenwashing, également connu sous le terme de « éco-blanchissement » en français, désigne une pratique courante d’entreprises qui adoptent les codes de l’écologie pour se donner une bonne image auprès du public sans pour autant réellement se préoccuper de son impact environnemental. Qu’est-ce que le Greenwashing et comment le repérer ? On vous donne quelques exemples pour y voir plus clair.

greenwashing

Qu’est-ce que le Greenwashing ?

Le Greenwashing est de plus en plus décrié ses dernières années et les exemples se multiplient. C’est une technique marketing qui permet aux entreprises de redorer leur image en mettant en avant des efforts écologiques qui ne s’accompagne pas d’actions ou voire qui cache des pratiques non respectueuses de l’environnement en faisant croire l’inverse.

Le greenwashing joue beaucoup sur les mots et sur l’absence de réglementation sur certains points même si des efforts sont faits pour combler les vides juridiques. Le 20 novembre 2019, l’Assemblée nationale a par exemple adopté un amendement visant à interdire les termes « biodégradable » et « respectueux de l’environnement » sur les emballages (source). En effet, l’Assemblée nationale a jugé que « La mention « biodégradable » n’incite pas les consommateurs à faire attention en ne jetant pas ces produits dans la nature. Il les induit en erreur en laissant penser qu’ils n’affecteront pas les milieux naturels ». Or, malgré les efforts de réglementation, on voit aujourd’hui encore de nombreux exemples d’utilisation de termes comme recyclable, compostable, biodégradable utilisés à outrance sur les emballages sans pour autant expliquer dans quelles conditions et durées les produits sont compostables ou biodégradables, s’ils sont réellement recyclés quand ils sont indiqués recyclables (nous avons d’ailleurs écrit un autre article sur le recyclage qui va à l’inverse de l’écologie (Le recyclage est l’ennemi de l’écologie : on vous explique pourquoi). Et le Greenwashing ne s’arrête pas là car cette pratique qui trompe le consommateur vise à lui faire croire que les déchets sont bénéfiques pour créer de l’énergie par exemple.

greenwashing brosse à dent bambou

Le packaging, la publicité et les grandes promesses sont bien souvent superficielles et cachent une réalité bien différente : des ingrédients non écologiques, des conditions de travail douteuses….

Quelques exemples de Greenwashing qu’on trouve fréquemment

Les packaging sont trompeurs. Parmi les exemples courants de Greenwashing, on retrouve des fleurs, des paysages nature sur les lessives. Cela permet par exemple de faire croire que l’odeur florale est naturelle alors qu’en lisant les ingrédients on se rend rapidement compte que les parfums sont de synthèse.

Source image : http://www.greenwashing.fr/

De même, on retrouve aussi les codes du naturel comme l’utilisation de la couleur verte, la présence du mot « éco », « naturel », la mise en avant d’un ingrédient précis sur le packaging alors que dans la liste des ingrédients il n’est présent qu’en infime quantité…

Par ailleurs, en plus de vous méfiez du packaging, vous pouvez remettre en doute le positionnement de la marque. Si la marque est connue pour ses produits qui ne sont habituellement pas éco-responsables, vous pouvez vous demander si ce positionnement soudain n’est pas motivé par l’argent plus que par l’écologie.

Un cas concret avec H&M :

L’Usine nouvelle explique que « le 2 août 2019, l’Autorité norvégienne de la consommation a reproché à la chaîne de prêt-à-porter H&M, d’avoir commercialisé sa collection « Conscious » de manière trompeuse. ». En effet, comme l’explique Courrier International, tout comme Zara, H&M, est un grand groupe leader du « fast fashion », ce qui est un véritable fléau écologique. En changeant régulièrement les collections (jusqu’à 2 fois par semaine ?!), les nombreux stocks non écoulés finissent à la décharge et les conséquences sont désastreuses. Or, depuis 2018, H&M a sorti la gamme « Conscious », des vêtements en matières recyclés, surfant ainsi sur la mode du zéro déchet sans pour autant arrêter le fast fashion. D’ailleurs, en faisant bien attention à la communication des produits « Conscious », on se rend rapidement compte que les matériaux recyclés ne représentent qu’une partie du vêtement. Pour le coton par exemple il n’y a que 20% de coton recyclé (source le site de H&M).


Comment éviter le Greenwashing ?

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle. Il faut prendre le temps de se renseigner, de lire les étiquettes, de faire quelques recherches sur la marque.

Qu’est-ce que la marque appelle « responsable » ? Quelle est l’origine de fabrication du produit ? Est-ce que le produit a un label officiel ? Quelles sont les pratiques habituelles de la marque, où et comment, dans quelles conditions sont fabriqués les produits en question ?

Soyez septique et curieux, n’hésitez pas à mener l’enquête car ce n’est pas de la verdure et des mots doux qui font d’un produit quelque chose de sain, naturel ou respectueux de l’environnement. N’oubliez jamais que le job de celui qui met en avant et qui propose le produit est de vous faire consommer ! Faite confiance aux associations de consommateurs et de défense de l’environnement qui traque la greenwashing.

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