Vous avez les plans, le constructeur est choisi ou vos outils sont prêts, mais il manque l’essentiel : le terrain ? Ou pire, votre tiny house est presque terminée et vous n’avez toujours pas trouvé de lieu pour vous installer ?
Trouver un terrain pour une tiny house est souvent perçu (pour de bonnes raisons) comme le parcours du combattant. Et de nombreuses personnes abandonnent leur projet de tiny house pour cette raison.
Pourtant, avec les bons canaux et les bons messages, des opportunités insoupçonnées peuvent s’ouvrir à vous !
Qu’il s’agisse d’une location temporaire pour tester un lieu ou d’un achat pour une installation durable, voici comment trouver un terrain pour une tiny house et passer de la recherche infructueuse à l’installation sereine.

Cas n° 1 : La location, la voie de l’agilité
La première étape consiste souvent à louer un bout de jardin ou une parcelle agricole.
C’est une excellente façon de voir si vous vous sentez bien à un endroit avant de vous y installer sur le long terme.
Le meilleur conseil pour commencer : rapprochez-vous de ceux qui l’ont fait !
Votre premier objectif est d’entrer en contact avec des personnes qui vivent déjà en habitat léger dans la zone géographique que vous avez choisie.
Les personnes vivant (ou ayant vécu) en habitat léger (tiny house, yourte, roulotte, caravane…) connaissent les mairies et les propriétaires favorables. Ils vous donneront des informations précieuses pour vos recherches ! Vous gagnerez ainsi beaucoup de temps !
De notre côté, nous sommes allés discuter avec les maraîchers sur les marchés, les libraires, les caissiers de magasins bio…
Cela nous a permis d’avoir les numéros de téléphone de personnes qui vivaient en habitat léger dans la zone que nous visions.
Ce type de prospection prend du temps (et met souvent aussi beaucoup de temps avant de porter ses fruits), mais c’est clairement les actions qui nous ont le plus aidés à avancer dans nos recherches !
Donc ne négligez pas ce temps à prospecter « sur le terrain ».
Les 4 canaux gagnants pour vos recherches
Pour obtenir des propositions concrètes de terrain pour tiny house, oubliez les plateformes nationales et visez l’ultra-local !
En voici 4 à utiliser en priorité :
- Les groupes Facebook locaux. Recherchez les groupes d’entraide ou de petites annonces spécifiques à votre ville ou département.
- Boucles WhatsApp de petites annonces dans une ville ou un département. Intégrez les réseaux de petites annonces locales, ils sont souvent très réactifs.
- L’affichage « à l’ancienne ». Une petite annonce soignée déposée à la boulangerie ou à la ressourcerie du coin reste un levier puissant.
- Le démarchage des fermes : Les agriculteurs disposent souvent de coins de parcelles non exploités qui peuvent parfaitement accueillir une tiny house et qu’ils seront contents de vous louer.
Anatomie d’un message de recherche efficace
Pendant nos 6 mois de recherche de terrain (eh oui… sur le moment, ces 6 mois nous ont paru interminables !!), j’ai testé plusieurs messages sur les groupes Facebook et WhatsApp.
Je partage avec vous celui qui a le mieux fonctionné (il était évidemment accompagné d’une photo de nous devant la tiny house) :
« Nous cherchons un terrain à louer pour 6 mois (de mi-novembre à mi-mai) pour poser notre tiny house.
Nous sommes actuellement sur un terrain agricole à la sortie de Briançon, mais nous ne pouvons pas y rester pour l’hiver en raison des risques de chutes de neige.
Notre mini-maison mesure 6,60 m x 2,45 m (taille d’un gros camping-car) et est construite sur une remorque pour être déplacée facilement.
Si vous voulez vous faire une idée, vous pouvez venir la visiter !
Budget à discuter ensemble. 🙂
Qui sommes-nous ? Guillaume est infirmier et Emilie travaille dans la low-tech. »
Voici ce qui explique, selon moi, la réussite de ce message :
- Ne pas exiger un fort engagement. En proposant une durée limitée, vous permettez au propriétaire de faire un « test » sans prise de risque. Si tout se passe bien, il y a de grandes chances pour que vous puissiez rester. Nous avons eu 3 fois plus de propositions de terrain grâce à cela !
- Être transparent. Expliquer le « pourquoi » de la recherche rassure sur vos motivations.
- Rassurer. Donner les dimensions précises de la tiny house permet au propriétaire de visualiser l’occupation du sol. En l’associant à l’image d’un gros camping-car, on rappelle que la tiny house est très facile à déplacer et qu’on pourra libérer le terrain rapidement si c’est nécessaire.
Nous avons visité de nombreux terrains et donc échangé avec beaucoup de propriétaires, voici leurs principales peurs : les conflits de voisinages ; avoir des squatteurs qui ne veulent plus partir ; que le terrain soit mal entretenu.
Il faut donc absolument réussir à montrer à la personne qu’elle peut vous faire confiance et qu’elle a quelque chose à y gagner.
Checklist technique à vérifier avant de vous installer
Avant de dire « oui » à un emplacement, passez-le au crible de cette checklist :
- L’accès (le point critique). Le chemin est-il trop raide ou trop étroit ? Une tiny house de 3,5 tonnes ne se manœuvre pas comme une petite caravane. Vérifiez la portance du sol, surtout en période de pluie, pour éviter l’enlisement lors de l’installation ou du départ.
- Le soleil. Dans une maison à faible inertie, comme une tiny house, le soleil est votre radiateur ! Dans les régions froides, vérifiez le nombre d’heures de soleil par jour sur le terrain en hiver. À l’inverse, dans les régions chaudes, cherchez la présence de masque solaire (arbres, collines) pour rester au frais l’été.
- La pente. Un terrain plat facilite l’installation. Sur un terrain en pente, prévoyez un budget pour le calage ou de légers terrassements (réversibles).
- Accès aux flux. Comment allez-vous gérer l’eau et l’électricité ? Avez-vous besoin d’être à proximité d’un bâtiment existant ou serez-vous en autonomie complète (panneaux solaires, récupération d’eau) ?
- La position de la mairie. Même pour une location, tâtez le terrain. La mairie est-elle tolérante ou mène-t-elle une chasse aux habitats légers ?
- La discrétion. Est-ce que la tiny house est visible pour les autres habitants ? Ou est-ce que, au contraire, il y a peu de chance que vous soyez dénoncé car personne ne remarquera votre présence ?

Cas n° 2 : L’achat, pour un ancrage durable
Acheter un terrain pour tiny house demande une connaissance fine de l’urbanisme. Ici, la patience et le réseau sont vos meilleurs alliés.
Les 3 possibilités pour s’installer de manière officielle sur un terrain :
- La déclaration préalable (DP) sur terrain constructible. C’est la voie royale. Vous achetez une petite parcelle constructible et déposez une DP pour une « résidence mobile ».
- L’habitat de chantier. C’est une astuce légale si vous rénovez une ruine sur le terrain. La tiny house sert d’habitat temporaire le temps des travaux (souvent mieux toléré). Cela vous laisse plusieurs années pour demander ensuite une autorisation définitive.
- Les STECAL sur terrain agricole. Ces zones spécifiques du PLU permettent l’habitat léger en zone agricole ou naturelle. Attention : c’est souvent réservé aux porteurs de projets agricoles ! Pour en savoir plus sur cette situation, découvrez notre article Tiny house sur terrain non constructible : comment s’y retrouver dans le flou juridique ?
Rencontrer les mairies favorables à l’installation d’habitats légers
Rencontrer les mairies favorables à l’habitat léger est une démarche qui prend du temps. L’idéal est de commencer ces échanges dès la phase de location. Cela permet à la mairie de constater votre motivation et votre envie de vous installer sur la durée.
Dans notre cas, nous avons eu 2 cas de figure.
- Les maires qui ne voulaient pas entendre parler des tiny houses et qui ont refusé de nous rencontrer.
- Les maires qui n’avaient pas de solutions dans l’immédiat, mais qui étaient ouverts pour en discuter et identifier ensemble les pistes possibles.
Dites-vous que même les élus ont une très mauvaise connaissance de la législation concernant les habitats légers. Cela nécessite donc de leur part la démarche volontaire de creuser le sujet et de comprendre ce qui est autorisé ou non.
Trouver un terrain grâce au bouche-à-oreille
Dans les zones tendues, les meilleures parcelles ne finissent jamais sur les sites d’annonces classiques. Par conséquent, le bouche-à-oreille sera le seul moyen de trouver un terrain adapté à votre situation !
Allez dans les fêtes de village, les soirées guinguettes, les évènements… pour rencontrer des gens qui connaissent bien le village et qui pourront vous mettre en relation avec des personnes qui veulent vendre.

Conclusion : un projet de vie, pas juste un emplacement
Trouver le bon terrain pour tiny house, c’est accepter que le facteur humain soit aussi important que le facteur technique !
Et surtout, ayez confiance ! En étant patient et transparent, on finit toujours par trouver un terrain agréable où s’installer.
Nous avons mis 15 mois à autoconstruire notre tiny house et 6 mois à trouver un terrain qui répondait à des critères assez contraignants (notamment se situer, d’une part à moins de 30 minutes à vélo d’une gare et, d’autre part, sur un versant ensoleillé en montagne). Ces 6 mois de recherche n’ont pas été faciles pour le moral, et on a souvent pensé qu’on n’y arriverait pas.

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